COMMUNIQUE DE PRESSE/ROTAB/SEP/2025 (Appel à la justice globale : le Niger interpelle Orano et ses complices)

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Le Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB Niger membre du Réseau pour la Justice des Ressources RJR), engagé depuis 2006 pour la promotion de la transparence dans la gouvernance des industries extractives, rappelle son rôle actif dans la dénonciation des déséquilibres contractuels entre l’État du Niger et les opérateurs miniers, notamment Orano (ex-Areva). Depuis près de deux décennies, le ROTAB publie des rapports d’études, communiqués, organise des manifestations publiques et accompagne les communautés affectées, mettant en lumière une contribution au budget national limitée à moins de 5%, des violations du contenu local, du respect de l’environnement, des clauses contractuelles, et soutenant en 2020, avec d’autres organisations de la société civile nigérienne, une constitution de partie civile dans l’affaire dite ‘’Uranium Gate’’ à Paris et auprès du Doyen des juges à Niamey.

Ce mardi 2 décembre 2025, le ROTAB a appris avec un profond regret les révélations faites par le Ministre de la Justice, M. Alio Daouda, concernant la découverte de 400 tonneaux de carottes radioactives abandonnés à même le sol sur le site de Madaouela, dans le nord du pays. Ces déchets, laissés par Orano, constituent une menace directe pour la santé des populations, des animaux, des terres maraîchères et de l’ensemble des écosystèmes à travers la pollution de l’air, de l’eau et la dégradation des sols, en violation flagrante des normes environnementales nationales et internationales (OCDE, ITIE, Codes Minier, Environnemental, Eau, Rural, Pastoral).

Après un examen approfondi de la situation et des menaces graves sur la vie des communautés de la région d’Agadez dont la superficie est supérieure à celle de la France entière, le ROTAB fait les constats suivants :

​•​Ces faits sont d’autant plus graves qu’ils surviennent dans une zone à forte activité pastorale et agricole, exposant durablement les communautés locales à des risques sanitaires majeurs.

​•​Par ailleurs, au-delà des atteintes environnementales, le ROTAB souligne que le groupe Orano a violé plusieurs dispositions des lois minières (2006-26 et 2022-033), notamment l’obligation de partage de revenus, privant l’État de ressources légitimes, handicapant ainsi tous les efforts et initiatives de développement en faveur des communautés.  L’article 4 du Code minier stipule que les activités minières doivent promouvoir la participation des communautés locales, la protection de l’environnement et la transparence dans le partage des richesses. Cette disposition majeure du codeminier, entre autres, n’a jamais été respecté, démontrant manifestement l’opacité totale qui entoure l’exploitation uranifère au Niger depuis près de 50 ans. 

​•​Dans le même ordre d’idées, les taxes et redevances minières n’ont pas été acquittées de manière transparente et régulière, aggravant les pertes pour les communautés et le budget national. Ces manquements ont caractérisé depuis un demi-siècle, les manœuvres et stratagèmes de contournement des lois de la République du Niger et renforcent la légitimité de la plainte déposée par l’État.

​•​S’agissant du gisement d’Imouraren, dont l’exploitation contractuelle devait démarrer en 2012, le refus de mise en production représente un manque à gagner colossal pour le Niger. Ce site, l’un des plus grands gisements d’uranium au monde, aurait dû générer des revenus substantiels, créer des milliers d’emplois directs et indirects, renforcer les services sociaux de base et améliorer les conditions de vie. 

​•​Cette non-exploitation, prolongée sans justification valable, a privé le Niger de ressources essentielles à son développement et constitue une perte stratégique majeure.

Au regard de ce qui précède, le ROTAB-RJR :

​•​Considère la plainte déposée par l’État comme une étape décisive dans la reconquête de la souveraineté minière du Niger.

​•​Envisage une plainte des acteurs locaux (société civile et communauté) pour le non-respectde clauses contractuelles et les manques à gagner sur le projet Imouraren.

​•​Appelle les autorités nigériennes à poursuivre ce combat avec fermeté et transparence, les organisations de la société civile et l’ensemble du peuple nigérien à se mobiliser pour défendre leurs droits, et les partenaires internationaux à soutenir le Niger dans sa quête de justice, de réparation et de restauration environnementale.

​•​Appelle l’ensemble de la société civile nationale et internationale, à porter plainte devant les instances internationales habilités, contre ORANO et l’État français, véritable sangsue des ressources naturelles du Niger en violation de toutes les dispositions pertinentes du Pacte International des Nations Unies relatif aux droits sociaux, économiques et culturels. 

Enfin, le ROTAB-RJR restera engagé, avec constance et détermination, aux côtés des communautés affectées pour exiger vérité, réparation, transparence et redevabilité.

Fait à Niamey, le 06 décembre 2025

Le Secrétaire Exécutif Permanent  

M. Ali IDRISSA

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